Les 2 évadés de Constantine - suite -

 

Les évadés de Constantine ! - part 2

Les contes de notre cher Azad,..

 

 

          ,.. quelques coups de griffes bien ajustés et hommes et bête roulent aux creux d'un sombre massif, la lionne amoureusement se penche vers l'emplacement des coeurs,..

 

,.. qu'elle scrute de son oeil interrogateur se demandant du plus profond de son iris jaune de qui des deux frères enchaînés sera celui qui fera l'objet de sa première faveur,..

 

,.. pensant garder le plus tendre  pour la fin elle se met donc en devoir de manger d'abord l'aîné au côté de son frère cadet et d'un coup de croc elle déchire le premier-né tandis que l'autre vit, se débat, s'agite mais rien ne peut la distraire de sa sauvage griserie, les os craquent sous la gueule puissante,..

 

 

,.. en ce lever du jour Eole de ses vents enserre la scène en cette matinée charmante le doux Zéphyr arrache au dernier vivant d'autistiques soupirs,.. 

 

,.. car même les animaux se taisent devant la magnanimité de la Reine du Erg dévorant lentement  de sa mâchoire ardente,..

 

,.. toute la création alentour de voir chose si belle  rit et s'apaise, une si magnifique journée ne peut en effet s'annoncer de meilleure façon que par la délivrance de deux larrons,.. 

 

 

,.. aux fins fonds de ravines reculées le soleil cherche l'étreinte des ruisseaux lévres jointes, cils rapprochés la lionne dévore dans les flammes, les clartés,..

 

 

,.. de temps à autre secouant sa tête par-dessus le malheureux écervelé elle jette un oeil à la ronde dans les broussailles aux bourgeons d'or puis rassurée tire de nouveau du crâne libidineux quelques goûteux lambeaux de cerveaux,..

 

 

,.. le bel astre poursuit son oblique course inonde les rochers moussus qui font à la Belle l'autel précieux de son fabuleux festin,.. 

 

 

,.. de menus brins de particules liées en riche toison s'amoncellent ici là cheveux herbes et crins font dans ce trou de verdure comme une traîne légendaire de pucelle, écumante sanglante de débris rouges de morceaux de boyaux éparpillés dans les ronciers perlés de mûres,..

 

,.. l'air n'est plus que rayons, vols d'hirondelles dans le sillage du char radieux venant nous éblouir mais au loin le dernier frère sur sa parcelle vient de s'évanouir,..

 

 

,.. doucement la bête sauvage engage sa canine aimante dans la gorge du plus jeune de ses amants, lentement détrousse de la vie du dernier-né,..

 

,.. à cet instant les crocs léonins sans ménager leur peine vont de l'un à l'autre, du plus ancien au benjamin de l'aine du doyen à la cuisse du puîné s'acharnent ainsi à réunir  les deux frères dans la mort  dans un même corps de chair,..

 

,.. dans le bas-fond du vallon la roche ride le front pour recevoir les sacrifices de cette rencontre fatale au rubis des orifices  change le sang en veines de cristal,..

 

 

,.. le bel astre a depuis longtemps quitté cette scène pour aller sous d'autres auspices d'autres arènes inaugurer d'autres supplices,..

 

,.. de nouveau les oiseaux gazouillent c'est maintenant le tour des vautours puis celui des mouches et c'est le silence qui nous touche quelques vers grouillent encore ici, là,..

 

,.. puis plus rien dont on ne soit sûr si ce n'est d'autres vies bourdonnant vers d'autres natures, d'autres prairies sinistrement fleuries,..

 

,.. o beau soleil, le seul flambeau conduisant nos jours au tombeau en plein milieu de cette histoire tu innondes de ta lumière le regard de nos tristes yeux source fugace d'une onde vagabonde tournant par le ciel et le vaste monde pleine de remord envers le divin et sa terrible loi,.. touchera-t-elle de pitié le monarque des rois,..

 

 

,.. pour ces noces d'ivoire, ces lunes de sang quelle étrange morale l'auteur de ce curieux récit veut-il nous donner à voir,..??,.. 

 

 

,.. si ce n'est d'entendre ces trésors engloutis dans le souffle, les feulements, les joues rougies,..

 

,.. une fois encore regardez  la fière princesse bysantine délivrant des fers les deux frères se pourléchant repue le pourtour de ses babines rougies ne laissant des deux hommes mal nés qu'un bracelet de métal récuré,..

 

,.. écoutez,.. le doux cliquetis de l'acier étincelant quand la noble dame ceinte de sa nouvelle couronne ébroue sa courte crinière entachée de terre et de chair félonne, dans un grognement proclame hors des cités son châtiment,..

 

 

,.. voyez la bête se rouler  dans la terre baveuse encore chargée des restes de son repas ainsi donnés aux sables des déserts que les microcosmes moqueurs dans la tiède chaleur des jours après jours déjà transforme en formes nouvelles grouillantes de vies d'où s'exhalent des senteurs si hideuses que le pardon leur est défendu !!,..

 

 

,.. mais tout ceci n'est-il pas notre nature ?,.. n'est-il pas en effet dans notre destinée roturière ou princière de nourrir notre terre nourricière,.. 

 

,..

 

Les contes de notre cher Azad

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Article ajouté le 2009-01-11 , consulté 78 fois

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