Voyage,..

Voyage,..
,... scintillant je glisse entre vos doigts, entre vos jambes, éternelle aimée je roule en vos lits étroits, fais l'amour aux sources des rivières aux fractures de l'infini des forêts enchevêtrées,
dans les tournoiements des lierres en cascades verdoyantes je succombe dans de sublimes néants, m'écoule des parois d'un calice d'argent,..
,.. sable de Bosnie, mica de Bulgarie dans le limon rouge de votre causse miroitant belle Minerve, du profond des anciennes mers en votre sein entre le Brian et la Cesse j'attends que vienne la douce caresse du vent de Cers et votre main, fée du midi qui me pétrira de vie,..
,.. la mouse des nuages, les sueurs de l'orage les routes déployées cassées par le vent, le moulin des ombres de ses grandes rames irrigue le royaume des larmes et m'entraîne,..
,.. tendresse étrange des étangs dormants drappés de voiles de satin que déchirent le sillage d'une barque fantôme dans les rires moqueurs des oies sauvages débusquées, m'enlacent et s'envolent,..
,.. de vous riantes primevères à la fontaine si claire je ne peux plus rien ouïr, ni de tous les biens supposés de nature, laurier-rose, printemps, verdure et baume de très douce odeur à nos trendres plaisirs,..
,.. je vous quitte et ma mémoire attristée joue creuse du souvenir aspire déjà l'air du Guadalquivir,..
,.. navires taciturnes, frémissements nocturnes des alizés, dans les feuillages encore verts des baliveaux sacrés, grenadilles rouges, jasmins de Virginie, lanterne sourde crochetée au ciel des gorges hardies,
,.. les équipages somnolent dans les cordages ajustent leurs cols aux humides clartés tandis que remontent les masses de fer jetées à la mer et pour mes 13 ans me voici balancé aux océans,..
,.. est-ce la nuit, est-ce le jour ? C'était le temps des Baisers que l'on se donne et que je savoure dans le bruissement sourd des premières levées aux fraîcheurs toscanes ou d'Espagne qu'importe je parcours les campagnes fleurissantes mêlées de nature éblouissante,..
,.. anémones, fleurs des hirondelles, ellébore rose de Noël et Clarimonde sur les routes romanes aux côteaux bordés de vignes où jouent à cache-cache des écoliers déguisés en apaches,..
,.. et de lignes en spirales de toutes leurs cachettes perdues enfouies dans le creux de leurs cahiers potaches surpeuplés de rêves rouges et nus, des millions de poèmes écrits en vain ruissellent au lit flache d'une vieille Europe enlevée par des vaches,..
,.. étapes relais, feux vascillants le passé filtre dans le présent tandis que passent des hommes travestis en cortèges de cerfs, fabuleux troupeaux mais ici ce sont des Caribous car voyez-vous à grands pas j'ai franchi les ponts et depuis hier je suis au Canada,..
,..
Textes du début - Extraits




Commentaires